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L’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction livre ses premières recommandations

15 / 02 / 2017

 

Lancée par Ségolène Royal à l’occasion de la COP 21, l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction pour le Climat* (Global Alliance for Buildings and Construction) publie un premier rapport sur la problématique du bâtiment en Europe au regard des consommations énergétiques et particulièrement des émissions de GES. Coénove s’est arrêté sur ce texte pour vous en livrer les points principaux.

 

Au-delà des constats, ce texte se veut donner une trajectoire pour guider les politiques environnementales des différents Etats, ces pistes devant toutefois être adaptées en fonction des problématiques nationales. Objectifs, échéances, thématiques à traiter…la roadmap semble bien cadrée tant pour la construction neuve que pour la rénovation du parc existant.

 

Si ce document ne présente pas de révolution en tant que telle, il a l'intérêt de traiter le sujet dans sa globalité : des émissions directes (combustibles fossiles et F-Gas) aux émissions indirectes liées au vecteur électrique ou au chauffage urbain ou encore liées à la construction des bâtiments. Assez naturellement, le texte met l'accent sur l'enjeu du parc existant et sur la nécessité de traiter prioritairement la sobriété des bâtiments pour l'amener à son niveau minimal afin d'améliorer le confort, réduire la facture (alertant sur les effets rebonds) ou augmenter la valeur patrimoniale.

 

Ce document pointe le doigt la nécessité de réaliser des actions rapides tout en tenant compte des cycles d'investissement dans le bâtiment comme le préconise également Coénove. D'ici 2050, les équipements de chauffage, dont les chaudières auront été changées 2 à 3 fois quant l'isolation des combles ou des façades aura été refaite 1 à 2 fois. Il en découle la mise en place de véritables stratégies de rénovation afin de s'assurer que chacune des actions engagées et des coûts parfois conséquents engendrés soient en phase avec les objectifs long terme.

 

Il propose ainsi d'améliorer l'efficacité énergétique de chaque geste de rénovation et de mettre en place des instruments pour aider, soutenir la rénovation du parc :

  • soutien des actions d'isolation ayant un certain niveau de performance
  • remplacement des PAC inefficaces
  • amélioration de la performance des chaudières
  • mise en place de passeport énergétique
  • ...

Le document annonce un objectif fort sur la rénovation du parc existant, la volonté étant d’augmenter le nombre de rénovations lourdes (réduction de 75% des consommations d'énergie et plus) en passant à 2% du parc par an d'ici 2025 et à 3% d'ici 2040, alors que ce chiffre peine à ce jour à atteindre 1% sur le périmètre européen couvert par l’étude.

 

Il aborde également la nécessité de décarboner l'énergie utilisée par les bâtiments même une fois rénovés. La réduction drastique des usages fioul et charbon (transferts d'usages) est cité comme un objectif majeur, ainsi que l'augmentation du nombre de logements raccordés à des réseaux de chaleur et de froid à très faible émission. Il insiste également sur le fait que les réseaux de gaz sont une formidable opportunité pour y injecter des gaz renouvelables ou synthétiques (H2, power to gas).

 

Télécharger le rapport de l’Alliance (36 pages, en anglais)

 

*L’Alliance vise à rassembler les pays, les villes et les organisations publiques et privées du secteur de la construction afin d'intensifier la mise en œuvre des actions ambitieuses consacrées à prendre la route de "moins de 2 ° C" dans le secteur du bâtiment et de la construction. Soutenue par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’Alliance a reçu l’adhésion de 20 États, représentant plus d’1,2 milliard d’habitants.