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Quel rôle pour les territoires dans la réussite de la Transition Energétique ?

05 / 02 / 2018
La transition énergétique, une opportunité pour les territoires

En novembre dernier, Coénove s'est rendue à Nantes pour échanger avec les acteurs locaux sur le rôle des territoires dans la réussite de la Transition énergétique. Géraud Guibert, Président de la Fabrique Ecologique, et Bernard Aulagne, Président de Coénove, sont revenus sur les mutations qui sont en train de s’opérer dans le système énergétique français, dans un contexte de développement accru des énergies renouvelables et sur fond de COP23.
 

Le défi du réchauffement climatique

Les COP dont l’Accord de Paris mais également l’adoption au niveau français de la loi de Transition énergétique en 2015 ont fait prendre conscience de la nécessité d’agir, et d’agir vite, pour tenter d’enrayer le réchauffement climatique. Si les grandes orientations se prennent au niveau des États, leurs déclinaisons et leurs traductions opérationnelles en actions concrètes s’opèrent dans les territoires. Ces derniers se voient ainsi confiés un rôle
essentiel dans la mise en oeuvre de la Transition énergétique : celui des projets qui doivent concilier volonté politique, réalité technico-économique et acceptabilité par la population.

 

Vers un nouveau modèle énergétique français

S’intéresser aux territoires est primordial car, sur les sujets énergétiques, ils sont au coeur de la définition d’un nouveau modèle. La volonté de la France de décarboner son mix énergétique passe par un fort développement des énergies renouvelables, de toutes les énergies renouvelables, qu’elles soient électriques mais encore liées aux gaz renouvelables. Ces installations, au plus proche des potentiels, viennent bouleverser le modèle centralisé établi et apporter de la valeur aux territoires et de nombreuses externalités positives. Cela pose bien entendu des questions autour de la gouvernance, de la sécurité d’approvisionnement, de l’égalité de traitement des usagers devant le service et donc du rôle des collectivités territoriales dans cette transition énergétique désormais pleinement engagée. Un autre pilier est également fondamental : la réduction des besoins, que ce soit par le changement des comportements au travers de la sobriété ou encore d’actions plus importantes telles que la rénovation énergétique. Là encore, les collectivités ont toute leur place pour informer, sensibiliser et accompagner.
 

La décentralisation énergétique, étape incontournable ?
 

Pendant cette matinale, Géraud Guibert a rappelé les points clés de la décentralisation du système énergétique, à savoir :
– Les différentes démarches de planification, souvent modifiées par les lois, doivent associer fortement les collectivités locales et les citoyens. Aujourd’hui, les collectivités locales ont un rôle important de planification dans le domaine de l’énergie ; elles doivent néanmoins mobiliser toutes les parties prenantes (les différentes collectivités locales et les citoyens). Il convient d’éviter une conception technocratique de la planification.

 

– La nécessité de conjuguer moyens financiers, compétences et accord citoyen. Des mécanismes ont récemment été mis en place afin de rapprocher les parties prenantes. Dorénavant, la CRE (Commission de régulation de l’énergie)propose à titre d’exemple un bonus sur le financement participatif. Il est primordial que les parties prenantes bénéficient du projet et de ses modalités. L’exemple allemand est intéressant : 50 % des nouvelles énergies décentralisées sont portées par les citoyens, notamment parce qu’ils y trouvent un intérêt financier direct.

 

 

– Pour la Fabrique écologique, cela passe également par la généralisation des sociétés d’énergies locales dans les territoires. Les collectivités locales pilotes doivent pouvoir bénéficier d’un retour financier. Il est nécessaire de favoriser la création d’un écosystème local d’énergies.

 

– Les flux financiers et humains concernent les autorités nationales. Une fracture existe entre les territoires métropolitains et non métropolitains auxquels il convient d'amener un soutien spécifique ; les communautés de communes n’ont par exemple pas les moyens humains et financiers de mettre en place une politique active en matière d’énergie.

 

– Il est important de favoriser les expérimentations. La Fabrique a ainsi proposé que des régions, des intercommunalités et des métropoles puissent mettre en oeuvre un tarif régional ou local d’achat dans une optique de décentralisation. Ainsi les régions, par l’intermédiaire des intercommunalités, pourraient elles-mêmes financer des projets énergétiques, notamment en ajoutant une taxe supplémentaire sur la facture d’énergie du consommateur.

 

Bien d'autres pistes ont été développées lors de cette matinée riche d'échanges. Retrouvez la suite des réflexions de la Fabrique écologique sur le modèle énergétique de demain et l'ensemble des discussions dans le compte-rendu ci-dessous.