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Tribune de Bernard Aulagne : quelques rappels sur la conversion de l’électricité en énergie primaire…

05 / 04 / 2017
La publication le 30 novembre dernier par la Commission européenne de plusieurs dispositions législatives au sein du « paquet énergie » est l’occasion de s’arrêter plus particulièrement sur la directive relative à l’efficacité énergétique et de revenir, en particulier, sur le calcul du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire qui fait débat en France.   

 

Dans sa proposition de révision de la Directive Efficacité Energétique(1), la Commission européenne fixe pour objectif de renforcer de 30% l’efficacité énergétique au sein de l’UE d’ici à 2030(2) (par rapport au niveau de 1990). Cet objectif est exprimé en énergie primaire et finale. Pour rappel, les dirigeants européens s’étaient entendus en octobre 2014 sur l’objectif moins ambitieux d’augmenter de 27% l’efficacité énergétique européenne d’ici à 2030.
Revenons très concrètement sur l’une des mesures envisagées par ce texte, à savoir la révision du facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire.
 

 

Energie primaire, énergie finale et coefficient de conversion
L’énergie primaire représente la quantité totale d’énergie nécessaire pour fournir l’énergie finale consommée par l’utilisateur. Pour la calculer, il convient d'ajouter à cette énergie finale l’énergie nécessaire à sa production, à son acheminement, en intégrant en particulier les rendements de production des centrales permettant cette transformation et les pertes liées à la mise à disposition du consommateur. C’est ce rapport entre l’énergie finale et l’énergie « primaire » totale nécessaire pour la produire et la mettre à disposition qui constitue le coefficient de conversion en énergie primaire.

 

Des combustibles fossiles comme le gaz ou le pétrole sont des énergies qualifiées de « primaires » car ce sont des sources d’énergie disponibles directement dans la nature. Leur coefficient de conversion est conventionnellement fixé à 1 (l’énergie nécessaire en amont, par exemple pour l’extraction ou le raffinage, n’est pas prise en compte dans ce calcul(3)). Il n’en va pas de même de l’électricité qui n’est pas considérée comme une énergie primaire : elle est obtenue par transformation de ressources naturelles dans des centrales de production avec un rendement moyen inférieur à 40%, qui varie en fonction du combustible utilisé. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est donc fonction du mix de production de l’électricité.
 
De l’usage du coefficient de conversion
Ce coefficient de conversion est aujourd’hui utilisé de deux manières au niveau européen : d’une part, dans le cadre de la Directive européenne éco-conception, pour comparer les performances énergétiques d’équipements ayant recours à différentes énergies et assurant la même fonction (chauffage, production d’eau chaude), et d’autre part, pour exprimer la performance des États membres en matière d’efficacité énergétique, en leur laissant toutefois la possibilité, en application du principe de subsidiarité, d’appliquer un coefficient qui soit le reflet de leur propre mix.
Ainsi, le coefficient actuellement en vigueur pour convertir l’électricité en énergie primaire est de 2,5 au niveau européen mais un coefficient de 2,58 a été retenu en France.
 
Vers une révision optimisée du facteur de conversion ?
Devant le « verdissement » progressif des mix de production électrique des différents États membres et dans la mesure où le rendement des filières renouvelables électriques est conventionnellement fixé à 100%, les discussions sont ouvertes pour actualiser le coefficient européen de 2,5.
La Commission européenne a retenu une approche basée sur...
 
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