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Comment relever le défi de la rénovation énergétique ? Contribution de Coénove à la réflexion

22 / 11 / 2019
 
La tenue des 20es rencontres de l’énergie à la Maison de la Chimie le 15 octobre dernier a été l’occasion de revenir sur les grands enjeux de la transition énergétique, dont la rénovation des bâtiments occupe une place majeure du fait des consommations et émissions qu’elle représente.

 

Bernard Aulagne, Président de Coénove, est intervenu lors de cette matinée aux côtés de la Députée Marjolaine Meynier Millefert, co-animatrice du plan national de rénovation énergétique et de Philippe Pelletier, Président du Plan Bâtiment Durable.

 

Retour sur les temps forts de cette intervention

 

Coénove contribue à la réflexion sur la transition énergétique dans le bâtiment avec deux convictions fortes :
=> La première est que la réussite de la transition énergétique ne peut se faire que par une véritable complémentarité des énergies ;
=> La seconde est que le gaz, de plus en plus renouvelable, sera amené à jouer un rôle essentiel dans cette complémentarité.

 

Dans le secteur du bâtiment, la question de la rénovation est cruciale. L’Ademe vient de publier les résultats d’une enquête qu’elle a réalisée en 2017 sur les maisons individuelles. 42% des ménages ayant engagé des travaux préfèrent les faire par petits blocs, sans véritablement embarquer la rénovation énergétique. Ils sont seulement 11 % à faire preuve d’une véritable motivation sur le sujet et sont, pour la plupart d’entre eux, des ménages récemment installés ; ils embarquent alors véritablement les enjeux énergétiques dans leurs projets de rénovation. Enfin, 75 % des travaux réalisés n’ont pas permis de gagner une classe énergétique au sens du DPE. Nous voyons-là tout le chemin qui reste à parcourir.

 

Concrètement, la massification de la rénovation énergétique ne se décrète pas. Il faut véritablement développer une approche de type marketing compte tenu de la diversité des solutions, des typologies de bâtiment, du statut des habitants (locataires, propriétaires), de l’ancienneté des logements, des énergies de chauffage mais également des caractéristiques des ménages. Autrement dit, partir avant tout des besoins identifiés pour apporter des solutions adaptées.

 

Ensuite, le rôle des pouvoirs publics est essentiel pour lancer la dynamique. Les filières et le marché ont en effet véritablement besoin d’un cadre et de visibilité. Même si les résultats peuvent sembler se faire attendre, il n’en demeure pas moins que le Plan de rénovation énergétique des bâtiments est une bonne initiative. De même, le principe de transformer le CITE en prime pour le rendre plus efficace et plus partagé sur l’ensemble des ménages va dans le bon sens.

 

En revanche, quelques initiatives sont particulièrement regrettables, telles que le soutien aveugle des pouvoirs publics en début d’année sur les offres de rénovation énergétique à 1 euro, sans s’assurer qu’elles apportent un résultat de bonne qualité. Une installation de chauffage n’est pas un baril de lessive…La question du reste à charge pour les ménages les plus précaires est certes essentielle, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la qualité des travaux, sous peine d’aller vers des lendemains difficiles pour les ocupants.

 

Coénove appelle également chacun à sortir des débats stériles entre ayatollahs de la rénovation globale et adeptes de la rénovation par étapes : les deux ont leur place, en fonction des situations. Compte tenu de la complexité des travaux, de leur lourdeur et de l’importance des budgets, la rénovation globale doit véritablement être poussée dans les cas de mutations, qui en offrent véritablement l’opportunité. Dans ces situations, les acteurs directement concernés tels que les agences immobilières ou les banques ont un rôle à jouer, plus actif qu’à ce jour. Pour le reste, la rénovation par étapes semble plus adaptée, tout en étant conscients qu’il importe de ne pas s’arrêter en chemin et que, bien souvent, dans les motivations de travaux,  les travaux d’embellissement passent avant la rénovation énergétique. Pour y parvenir, deux maîtres mots : accompagnement et incitation.

 

Enfin, ce n’est pas en stigmatisant des énergies, le gaz maintenant, que nous relèverons pleinement le défi de la rénovation énergétique. Même si les Pouvoirs Publics affichent clairement une volonté d’électrification massive du secteur énergétique au motif de décarbonation, il faut être sérieux :  nous n’installerons pas des pompes à chaleur partout : ce ne serait positif ni pour la pointe électrique hivernale ni pour les réseaux de distribution électrique. Il faut véritablement s’adresser à toutes les filières et les faire toutes progresser.
La filière gaz est à ce jour la filière leader en matière de chauffage avec près de 12 millions de logements. Elle s’est résolument engagée dans deux directions complémentaires : l’efficacité énergétique pour  baisser drastiquement les consommations et le verdissement de l’énergie gaz, via la méthanisation, l’hydrogène etc., et dans le résidentiel, la filière nourrit l’ambition de transformer l’ensemble du parc de chaudières individuelles en chaudières à très haute performance énergétique en 2030 (à peine 30% aujourd’hui) pour diminuer les consommations et les émissions de CO2 de 30 %. Quelle est la pertinence alors de l’arrêt du soutien aux chaudières gaz THPE tel qu’il figure dans le projet de loi de finances 2020, sauf pour des raisons purement idéologiques ?

 

Si l’on veut massifier et accélérer, il faut absolument  redonner de la confiance à tous les acteurs concernés pour lancer la mécanique. Cela passe par de l’engagement et de la visibilité de la part des pouvoirs publics, ainsi que par des offres adaptées et de qualité, soutenues par un renforcement concret de l’accompagnement. Une démarche dans laquelle l'association Coénove, engagée pour #FAIRE ainsi que 14 de ses membres, s'attele au quotidien.