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Directive Efficacité Energétique : pour une révision efficace !

17 / 09 / 2020

L’émergence du Green Deal et l’inscription de la neutralité carbone d’ici 2050 comme objectif phare de la politique européenne engendre la nécessité de revoir plusieurs textes fondateurs, dont la Directive Efficacité Energétique pour cranter des paliers.

 

Coénove souscrit à la philosophie générale de la révision consistant à rehausser l’objectif de réduction des consommations et à faire de l’efficacité énergétique le premier pilier de la politique de décarbonation mise en œuvre à laquelle une électrification massive ne saurait de toute façon donner seule une réponse satisfaisante.

 

Notre association souhaite toutefois émettre quelques points de vigilance dans le cadre de la révision qui va s’ouvrir :

 

  • Concernant les systèmes tout d’abord

Nous souhaitons rappeler tout l’intérêt que présente la boucle à eau chaude dans les logements et insistons pour qu’elle soit maintenue en bonne place dans les textes. En effet, au-delà de laisser le libre au choix au consommateur de son système de chauffage et de son énergie, ce système permet d’accéder à un panel de technologies (pompe à chaleur, chaudière, système solaire et toutes les combinaisons hybridées de ces solutions) et de s’assurer de la préservation d’un mix de solutions diversifiées, matures et accessibles au plus nombre de ménages. Il s’agit donc d’un choix sans regret dans la mesure où il permet une pleine évolutivité par un recours dans un premier temps à des énergies de réseaux qui se verdissent, mais également à l’hybridation des solutions (notamment avec du solaire) voire à un changement d’énergie.

  • Concernant les réseaux ensuite

Nous souhaitons également rappeler toute la pertinence de rapprocher les différents réseaux énergétiques pour sortir d’une logique de silo électricité/gaz/chaleur qui prédomine encore trop souvent. La complémentarité et le pilotage permis désormais par le développement des smart grids vient grandement changer la donne et permettre un équilibrage plus fin dans la satisfaction de la réponse aux besoins, et d’optimiser les besoins d’investissements pour renforcer les moyens de production et les infrastructures. Clairement, les réseaux de gaz et de chaleur sont d’ores et déjà dimensionnés pour répondre à des besoins par grand froid, ce qui n’est clairement pas le cas des réseaux électriques. L’optimum technico-économique apparaît dès lors non pas tant dans le renforcement des réseaux électriques pour satisfaire à un besoin de l’ordre de quelques dizaines d’heure par an, mais bien dans la recherche d’une synergie et d’une optimisation des infrastructures existantes pour lesquelles des investissements conséquents ont déjà été consentis et souvent amortis.

  • Concernant les indicateurs finalement

La Directive EE vient définir le Primary Energy Factor, le PEF, et fixer sa valeur au niveau européen. Si cet indicateur est nécessaire et pertinent à des fins de statistiques (reporting des actions…)  et de bilan pour les Etats membres, son usage doit être circonscrit à ces usages. Il ne peut en effet clairement être dupliqué dans la Directive Eco-Conception par exemple. En effet, dans une logique de développement du chauffage électrique décarboné, le recours à un PEF moyen perd toute sa pertinence dans la mesure où il ne reflète pas les contraintes imposées par les équipements au réseau, plus particulièrement sur les appels de puissance et les besoins de back up qu’ils vont nécessiter du fait du caractère non pilotable des ENR électriques . Il convient dès lors d’avoir recours à un indicateur différencié qui envoie le bon signal quant à la nécessaire efficacité énergétique des produits visée par la Directive Eco-Conception.