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Rénovation énergétique : à quel moment est-il le plus opportun de changer sa chaudière ?

27 / 05 / 2020
Comment réaliser une rénovation énergétique performante ? Entreprendre une rénovation globale est sans doute la façon la plus efficiente pour atteindre un haut niveau de performance énergétique dans un logement. Cependant, elle se heurte à plusieurs difficultés parmi lesquelles la réalisation de travaux importants (isolation, ventilation, équipements de chauffage…) qui plus est le plus souvent en site occupé, complexifiant d’autant leur réalisation. Le montant des travaux peut également constituer un frein supplémentaire non négligeable.
 
Par ailleurs, le remplacement du générateur de chauffage, suite à une panne majeure notamment, est une nécessité fréquemment rencontrée qui doit constituer  une première étape imposée d’une rénovation par étapes programmée et planifiée pour aller au bout de l’exploitation du gisement d’économies d’énergie. Aussi, que l'on soit en faveur ou contre la rénovation par étapes, elle constitue aujourd'hui une réalité. Pour autant l'ordre dans lequel les étapes sont réalisées est-il important ?
 
Si la question peut paraître simple en première approche, la réponse peut toutefois s’avérer plus ou moins complexe suivant la situation initiale du logement considéré. Qu’il s’agisse de l’état  du bâti ou  du générateur de chauffage et d’eau chaude sanitaire, chaque logement présente en effet ses propres caractéristiques.  Une réponse unique ne peut clairement être apportée à l’ordre dans lequel  les travaux sont à conduire. Un diagnostic énergétique préalable est nécessaire avant l’engagement de gestes de rénovation pour s’assurer d’une pleine cohérence entre les ambitions projetées, notamment en termes de gain de consommation et d’émissions de gaz à effet de serre, et la réalité.
Il est toutefois possible de dégager quelques principes généraux.
 
Premier principe : prioriser les gains les plus importants
C’est un principe de bon sens : l’engagement, dans la durée, dans la réalisation de travaux de rénovation énergétique sera d’autant encouragé qu’il apportera des résultats immédiatement perceptibles  tant sur les consommations que sur la facture du ménage. Commencer ainsi par les gestes amenant les économies les plus significatives apportera non seulement un rapport coût/bénéfice immédiat, mais permettra également de dégager de la capacité financière pour réaliser les autres travaux nécessaires pour se mettre dans la trajectoire du BBC Rénovation (80 kWhEp/m2.an) visé par la France à l’horizon 2050. Pour autant, une attention particulière devra  être apportée aux travaux entrepris pour s’assurer qu’ils soient bien BBC compatibles.
 
Deuxième principe : le changement de chaudière peut être opéré à tout moment
Il est souvent avancé qu’il est préférable de procéder d’abord aux travaux d’isolation d’un logement avant de changer le générateur de chauffage (et d’eau chaude sanitaire). La raison invoquée ? Avoir l’assurance que la puissance de l’équipement sera adaptée aux besoins du logement désormais rénové et éviter ainsi un surdimensionnement de l’appareil qui serait néfaste tant à sa durée de vie  (cycle de marche/arrêt fréquents) qu’au porte-monnaie du maître d’ouvrage.
 
Il s’agit là d’une idée reçue héritée du fonctionnement des anciennes chaudières. Quel que soit l'ordre des travaux "1-Réduction des besoins puis 2-Changement de chaudière" ou "1-Changement de chaudière puis 2-Réduction des besoins", l'un ou l'autre sera tout aussi efficace. Dire le contraire traduit une méconnaissance des chaudières de dernière génération mises sur le marché.
 
Rappelons que la puissance d'une chaudière est définie en fonction des besoins d'eau chaude sanitaire, qui sont identiques pour une même famille avant ou après rénovation de son logement. Cette puissance, qui peut paraître importante au regard des besoins de chauffage après rénovation, constitue au contraire un atout puisque la performance (rendement) des chaudières gaz THPE dont la modulation en puissance est désormais importante (dans un rapport de 1 à 10, voire plus), est meilleure à « faible charge" qu'à 100% de charge. En d'autres termes, pour une chaudière double service (chauffage/eau chaude) dite de 24kW, cas le plus couramment rencontré, elle pourra descendre jusqu’à 1,9 kW de puissance délivrée avec une performance en mode chauffage  proche de sa performance maximale dans un logement rénové, puisqu'elle saura adapter en permanence la puissance de chauffage aux besoins du logement tout au long de l'année.
 
Notons au passage que, si on fait le parallèle avec une pompe à chaleur électrique qui elle aussi peut moduler sa puissance et limiter les cycles marche/arrêt, le coût du surdimensionnement de la PAC est en revanche significatif. En effet, contrairement aux chaudières, le coût du kW de puissance supplémentaire d’une PAC est loin d'être négligeable. Mieux vaut alors commencer par l’isolation.
 
En conclusion, s’il est généralement préférable de commencer par l’isolation de son logement afin de disposer d’une puissance de générateur de chauffage adaptée et ainsi réduire significativement le coût de l'installation, il est tout à fait possible de s’affranchir de cette contrainte dans le cas des chaudières dont le dimensionnement répond avant tout aux besoins de production d’ECS, et dont la performance en mode chauffage – du fait de la modulation des équipements de dernière génération - n'en sera que meilleure, sans surcoût.
 
 
LE DIMENSIONNEMENT D’UNE CHAUDIERE AVANT OU APRES TRAVAUX DE RENOVATION ET NOTAMMENT D’ISOLATION SERA  IDENTIQUE SANS CONSEQUENCE NEFASTE SUR LA PERFORMANCE OU SUR LE PRIX.