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Révision du Diagnostic de Performance Energétique : oui mais pas n’importe comment !

09 / 04 / 2020

Le diagnostic de performance énergétique, le DPE, sera rendu opposable au même titre que les autres diagnostics techniques du bâtiment au 1er janvier 2021. Une avancée pour cet outil et les propriétaires de logements qui en disposent mais avant tout un chantier conséquent de fiabilisation amenant à une refonte du DPE.
 
Si de premières consultations avaient été lancées en 2019, une nouvelle étape a été franchie début avril avec la fin de la consultation sur l’arrêté méthode. 116 pages qui viennent préciser les règles de calcul et paramètres à prendre en compte dans chaque logement afin que deux diagnostiqueurs qui évalueraient un bien arrivent au même résultat. Tel était en effet l’écueil principal du DPE : sa très grande variabilité en fonction de la personne le réalisant…
 
Pas évident que malgré le nombre de pages conséquents, le but soit pleinement atteint même si des avancées indéniables et de nombreuses précisions ont apportées, laissant un recours moindre à l’interprétation et donc à la diversité des conclusions. Et ceci est d’autant moins évident que les propositions de l’administration dans la révision de ce texte viennent à contre courant du bon sens !
 
Tel est notamment le cas concernant le facteur de conversion de l'électricité proposé à 2,3 alors que rien ne justifie une telle valeur. Un PEF prospectif (2035) à 2,3 porté par la DGEC pour le neuf et notamment la RE 2020 est déjà plus que discutable… mais il n'a plus aucun fondement pour établir le DPE d'un bâtiment existant, dont la durée de validité est de 10 ans. Un DPE est par définition un diagnostic à l'instant t et doit refléter la situation à l'instant t.
 
Il en est de même pour le facteur d'émission de gaz à effet de serre de l'usage chauffage de l'électricité proposé à 79g CO2/kWh. Outre que ce résultat de calcul est issu d'une approche qui nie le fait que l'électricité est plus carbonée en hiver contrairement à ce qui a toujours été dit par RTE ou le CGDD*, c'est d'autre part reconnaître que tous les précédents DPE étaient faux. Quel discrédit vous porterez alors à ce nouveau DPE qui n'aura alors pas plus de raison d'être juste que le précédent !                                                                                                                                                                                                                                                                          
=> Coénove dénonce, une fois de plus, une volonté farouche de l’administration de tordre la réalité pour arriver au résultat escompté : l’engagement massif de notre pays dans une électrification massive aux conséquences mal mesurées.
 
D’un point de vue plus technique, Coénove a également souhaité transmettre les éléments suivants dans le cadre de la consultation :
 
Le confort d’été des bâtiments non climatisés est évalué de manière qualitative à partir des éléments de l’enveloppe (inertie, isolation,…) installés du bâtiment. En revanche, les consommations de climatisation sont calculées sur la base d’une température de consigne de 28°C, et seulement sous certaines conditions de température extérieure. Clairement, cette méthode risque de mettre en avant les solutions de climatisation au détriment de solutions passives qui, dans une optique d’efficacité énergétique, doivent pourtant être privilégiées. C’est pourquoi, et par cohérence avec la RE2020, nous proposons de prendre une température de consigne de refroidissement de 26°C pour le calcul des consommations de refroidissement.
 
Enfin, le rendement en mode chauffage de la PAC d'une PAC hybride doit être plus élevé que le rendement d'une PAC A/E utilisée seule dans la mesure où les rendements sont exprimés au pas annuel. En effet, contrairement à une PAC A/E utilisée seule, la PAC utilisée dans une PAC hybride ne fonctionnera pas pendant les périodes les plus froides, période où son rendement est le plus médiocre ; la chaudière prendra le relais.
 
 Résumé des propositions de Coénove dans le cadre de la refonte du DPE sur l’arrêté méthode :
 
-        Maintenir un coefficient de conversion de l’électricité, le PEF, à 2,58
-        Maintenir un facteur d’émissions de l’électricité, FE, à 210g
-        Prendre une température de consigne de refroidissement à 26°C
-        Réévaluer à la hausse le rendement de la PAC hybride
 
   
*Les émissions de CO2 liées à l'énergie en France de 1990 à 2017 - Septembre 2019 : "Cela s’explique, d’une part, par le poids plus important des énergies fossiles dans le chauffage que dans l’ensemble des usages et, d’autre part, par le fait que l’électricité consommée pour le chauffage présente un contenu carbone supérieur à celui des autres usages de l’électricité. En effet, la consommation de chauffage, concentrée sur la période hivernale, nécessite le recours aux moyens de production d’électricité de pointe, notamment les centrales thermiques à combustibles fossiles."