3 questions à Jules Nyssen, Président du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER)

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Coénove a interrogé Jules Nyssen, Président du SER (Syndicat des Énergies Renouvelables) sur ses missions et ses priorités pour accélérer le développement de toutes les énergies renouvelables. Au programme : mix énergétique, gaz verts et complémentarité des filières pour une transition énergétique efficace et décarbonée.

En tant que Président du SER, pouvez-vous nous rappeler les principales missions du syndicat ?

Le SER est l’organisation professionnelle qui regroupe et représente les intérêts de l’ensemble des filières d’énergies renouvelables, électriques et non électriques. Car aux côtés des électrons, la transition énergétique ne pourra pas se faire sans les molécules, les calories ou les frigories dès lors que celles-ci sont neutres en carbone. La dimension multifilaire du SER est un atout car ça lui permet de porter un discours d’ensemble sur le mix énergétique et de démontrer que les filières ne s’ajoutent pas simplement les unes aux autres mais sont complémentaires entre elles. Notre plaidoyer porte bien sûr sur les soutiens catégoriels mais aussi sur les enjeux industriels (dans les chaînes de valeur) et sur la défense des enjeux la décarbonation en termes de climat, de souveraineté et de retombées locales.

Quels sont, d’après vous, les principaux enjeux en 2026 et les priorités à activer pour accélérer le développement de toutes les énergies renouvelables et éviter les débats qui freinent la dynamique ?

Le premier enjeu est d’arrêter l’opposition ridicule entre nucléaire et renouvelables, qui pollue le débat énergétique en le focalisant sur l’électricité en oubliant complètement que ça laisse de côté près des trois quarts du mix énergétique ! Dans n’importe quel scénario de décarbonation, il faudra beaucoup plus d’électricité que ce que nous en produisons actuellement, donc il n’y a pas de concurrence !

Le deuxième enjeu, c’est de cesser d’associer les chaudières avec le gaz fossile ! Les chaudières peuvent brûler du biogaz.

Le troisième enjeu, c’est de de ne pas rester enfermé dans une approche malthusienne de la valorisation énergétique de la biomasse. La France est une grande nation agricole et forestière. Elle dispose de ressources considérables en bioénergies, qui sont complémentaires de la production alimentaire.

Différentes études montrent que la France a un potentiel de gaz renouvelables suffisant pour remplacer progressivement l’ensemble des consommations de gaz du pays. Quelle est votre vision du rôle des gaz verts dans le mix énergétique français et en particulier leurs atouts pour le secteur des bâtiments ?

Grâce au potentiel de biomasse, le gaz vert est un élément clé pour réussir la décarbonation. RTE n’imagine pas que l’électricité pourra couvrir plus de 55 à 60% des besoins énergétiques. Avec une consommation globale de gaz en diminution, il est donc réaliste de prévoir une trajectoire où 100% du gaz injecté dans les réseaux sera vert d’ici 2050. Dans le secteur résidentiel, cette solution restera incontournable là où il n’y a pas de substitution possible avec un système électrique ni de possibilité d’avoir un équipement au bois. Enfin les PAC hybrides (qui consomment de l’électricité et du gaz) sont des solutions innovantes qui reposent sur la complémentarité des énergies, qui est chère au SER !

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