Notes sur les impacts des modifications du coefficient Ep/Ef de l’électricité dans le cadre d’une révision du DPE

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Pourquoi Coénove alerte sur une nouvelle évolution du coefficient Ep/Ef dans le DPE

Alors que le Gouvernement envisage d’abaisser une nouvelle fois le coefficient de conversion entre énergie primaire et énergie finale (Ep/Ef) de l’électricité dans le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), de 1,9 à 1,7, Coénove publie une note d’analyse sur les conséquences d’une telle évolution.

Au-delà d’un simple ajustement technique, cette modification aurait des effets majeurs sur la rénovation des bâtiments, les choix d’équipements des ménages, la sécurité d’approvisionnement électrique et la lutte contre la précarité énergétique.

Un indicateur scientifique ne doit pas devenir un outil politique

Le coefficient Ep/Ef traduit la quantité d’énergie primaire nécessaire pour fournir un kWh d’énergie finale. Resté stable pendant près de 45 ans, il a déjà été abaissé à plusieurs reprises ces dernières années, passant de 2,58 à 2,3, puis de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026. Une nouvelle baisse à 1,7 est désormais envisagée.

Cette évolution ne repose pas sur une justification scientifique. Au contraire, les données disponibles conduiraient plutôt à retenir un coefficient supérieur à la valeur actuelle. Modifier cet indicateur reviendrait donc à transformer un outil d’évaluation de la performance énergétique en instrument réglementaire poursuivant des objectifs de politique publique.

Des logements reclassés… sans aucuns travaux

Premier effet attendu : une amélioration purement statistique du DPE.

Selon les simulations présentées dans la note, une baisse du coefficient de 1,9 à 1,7 ferait sortir artificiellement environ 260 000 logements supplémentaires du statut de passoire thermique, sans qu’aucun chantier de rénovation n’ait été réalisé et sans amélioration du confort ou des factures des occupants. Cette évolution s’ajouterait aux 700 000 logements déjà reclassés lors de la précédente modification entrée en vigueur au 1er janvier 2026.

Un signal défavorable à une rénovation performante

En améliorant artificiellement les étiquettes DPE des logements chauffés à l’électricité, une nouvelle baisse du coefficient Ep/Ef risquerait d’orienter les décisions vers des solutions électriques peu performantes, notamment le chauffage par effet Joule, au détriment de rénovations ambitieuses et de solutions de chauffage plus efficientes.

Cette évolution pourrait également accentuer les transferts du gaz vers des équipements électriques directs, sans nécessairement améliorer la performance énergétique réelle des bâtiments.

Des conséquences pour le système énergétique

Au-delà du bâtiment, il existe des conséquences multiples sur l’ensemble du système énergétique.

Une électrification accrue des usages de chauffage augmenterait la consommation lors des pointes hivernales, période où le système électrique est déjà le plus sollicité. Elle pourrait ainsi accroître les besoins de moyens de production de pointe et fragiliser la sécurité d’approvisionnement. Cette évolution pourrait, dans certaines situations, conduire à une hausse des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle européenne en raison du recours à des moyens de production plus carbonés pour répondre aux pics de consommation.

Préserver la crédibilité du DPE

Le DPE constitue aujourd’hui un outil central de la politique de rénovation énergétique. Toute évolution de sa méthode de calcul doit reposer sur des bases scientifiques solides, faire l’objet d’une concertation approfondie avec les acteurs concernés et être précédée d’une analyse d’impact complète.

L’enjeu est de préserver un indicateur lisible, crédible et capable d’orienter efficacement les investissements vers des rénovations réellement performantes, au service des ménages comme des objectifs climatiques.

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