Qui a peur de la pompe à chaleur hybride (PAC Hybride) ?

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La pompe à chaleur hybride gaz (PAC hybride) consiste, rappelons-le, en l’association d’une petite pompe à chaleur électrique et d’une chaudière gaz à très haute performance énergétique, les deux équipements étant pilotés par un dispositif de régulation qui, en fonction d’un critère préalablement défini (coefficient de performance, prix des énergies, etc …) va faire fonctionner un équipement ou l’autre ou les deux simultanément. Une telle technologie est donc tout à fait pertinente pour soulager le réseau électrique en période de pointe électrique hivernale, par exemple …).

Dès lors qu’on associe deux équipements, la répartition de leur fonctionnement réciproque et son optimisation sont déterminantes pour donner à cette technologie toute sa performance que ce soit pour son coût d’investissement, son coût d’exploitation, son adaptation à l’installation existante, le confort généré ou sa contribution apportée au système électrique.

En septembre 2021, l’ensemble des acteurs de la filière, fabricants, installateurs, entreprises de SAV, énergéticiens, réunis au sein de l’AFPAC et d’Uniclima, ont, sur la base de travaux industriels, adopté des règles de dimensionnement des machines qui sont en cours de diffusion.

Au cours du premier trimestre 2022, à la demande du seul EDF (qui ne s’était pas opposé à la décision prise en septembre), la Direction Générale pour l’Energie et le Climat a pris prétexte de la préparation d’un texte règlementaire relatif aux CEE pour remettre en question les règles de dimensionnement adoptées par la profession.

S’en est suivi un simulacre de concertation sous forme de réunions et de communication d’études étayées, absolument pas prises en compte par l’Administration, pour finalement déboucher sur un projet de texte qui rajoute à la préconisation de la profession un « taux de couverture minimum des besoins de chauffage par la pompe à chaleur » de 80% au mépris de tout échange et sans connaissance réelle du sujet :

Ce taux de 80 % minimal, manifestement sorti du chapeau, vise avant tout à satisfaire le seul EDF :

  • L’argument avancé est la mise en cohérence avec les règles de calcul du DPE qui considèrent un taux de couverture moyen des besoins de chauffage par la PAC de 80 % (en ligne avec la règle de dimensionnement actée par la filière), et non pas un taux de couverture minimal … la ficelle est un peu grosse !
  • Une telle règle exclut de fait la quasi-totalité des maisons individuelles fortement déperditives, segment où la PAC hybride trouve toute sa place, notamment comparée au coût d’investissements des PAC électriques ;
  • Pour le pouvoir d’achat de l’utilisateur, le critère économique est d’ailleurs essentiel dans la recherche du meilleur dimensionnement : vu le prix du kW supplémentaire de puissance d’une PAC électrique, inutile de la surdimensionner ;
  • Même RTE, dans ses scénarios Futurs 2050, prend en considération un taux de couverture des besoins de chauffage de 70% et met en avant la PAC hybride comme instrument clé de la flexibilité en précisant même que « le déploiement des PAC hybrides en substitution à des PAC électriques, permet de réduire la pointe, sans augmenter, ni faire baisser les émissions. En effet, les émissions supplémentaires liées à l’utilisation du gaz dans certaines situations et les émissions évitées sur le secteur électrique pour gérer les pointes, sont du même ordre de grandeur et se compensent ».
  • Fort de ces arguments et de sa connaissance du terrain, la filière professionnelle, par de multiples voix (UNICLIMA, AFPAC, ENGIE, GRDF, …) défend ce taux minimum de 70% de couverture des besoins de chauffage par la PAC électrique, niveau pertinent pour répondre aux enjeux de pouvoir d’achat, aux contraintes de configuration des logements existants et aux besoins de flexibilité du système électrique.

Alors, pourquoi un tel acharnement ? Pourquoi une telle mauvaise foi, alors que des voix nombreuses et variées s’élèvent pour intégrer plus que jamais cette technologie dans les instruments de décarbonation, y compris au plan européen (voir ce qui se passe aux Pays-Bas) ?

L’électrification massive et systématique des usages en France ne tolère donc pas le partage et la complémentarité ? … Pour le bien de la collectivité, il est temps de sortir des discours guerriers de revanche, d’éradication pour travailler sur les synergies évidentes entre électricité et gaz, telles que la PAC hybride!

  • Coénove passe au crible quelques idées reçues sur la place du gaz dans le système énergétique français.

  • Accélérer le développement de la PAC hybride, une solution méconnue pour décarboner le bâtiment.

  • La PAC hybride, une solution innovante indispensable à la flexibilité du système électrique. Communiqué de presse : le 12 mai 2022